

![]()
Reportage Texte et Photos Alain Barrière
Mars 2005
Visite chez le Président de l’Association « Suisse Salers »
Toutes
sortes d’animaux accueillent le visiteur qui arrive à la ferme. Sans compter les
chiens les chats, les oiseaux, on trouve quelques lapins et s’il
n’y en a pas plus…. c’est à cause du voisinage du renard. Une dizaine de
pottocks, poneys originaires des Pyrénées, très résistants sont là pour la
plaisir de même que quelques chèvres. Jusqu’ici Joan Studer et sa femme
possédaient quelques chèvres originaires
d’Afrique du Sud, race avec des oreilles tombantes, mais actuellement ce sont
des chèvres sans race particulière, chamoisées.
La visite des animaux se
poursuit avec l’élevage d’émeus : actuellement il y a entre 15 et 20 têtes parce
qu’ils viennent de bouchoyer. Quand il a repris la ferme de ses parents il y a
quelques années, l’élevage d’émeus existait déjà. Actuellement les
![]()
![]()
![]()
couples
sont un peu vieux, mais cette année il va prendre des couples plus jeunes. Quand
l’éclosion commence, il y en a un peu plus. C’est saisonnier : les premières
vont commencer dans un mois et ça s’étale jusqu’en juin. Normalement pendant la
période de ponte, il y en quatre par semaine.
Le but de la visite est la
vache Salers, race rustique de grand format. Le premier à importer ces vaches
![]()
en
Suisse a été Max Sandoz de Couvet (vice-président de l’association) ; il a
actuellement peu de bêtes, environ 5. Le deuxième est Blaise Bauquis de St-Oyens :
il a actuellement une dizaine de bêtes. Le troisième est Joan Studer de
Lucelle : il en a tout de suite pris 15. Avant, il avait des Holstein et quand
il a décidé d’arrêter de traire, il a sillonné la France pour connaître et
comparer toutes les races et son choix s’est porté sur la Salers. Il est seul à
s’occuper de la ferme avec sa femme qui travaille à l’extérieur à 50%. S’il
avait du continuer à traire, il aurait du engager du personnel. La Salers est
une vache « indépendante » qui s’élève toute seule.
Quelques précisions sur la
Race Salers. Elle a été sélectionnée dès le 19ème siècle dans le
Massif Central en Auvergne. C’est une race « tout terrain », elle a d’excellents
aplombs et peut marcher très longtemps sur n’importe quel sol. Elle peut
également supporter de très longues périodes de stabulation. Elle est résistante
au climat : sa robe acajou, sa rusticité et la pigmentation de ses muqueuses lui
assurent une excellente résistance à la chaleur. Son poil frisé poussant très
bien en hiver lui permet de résister aux![]()
grands froids. Elle est l’une des seules races à mobiliser ses réserves en
période de restriction pour assurer une lactation suffisante à son veau.
L’intervalle moyen entre deux vêlages est de 373 jours et la gestation dure
environ 280 jours ce qui permet au producteur de réduire au maximum les périodes
improductives. De plus elle est productive au delà de dix ans, elle est
championne en matière de productivité numérique. La vache Salers ne connaît pas
de difficulté de vêlage grâce à son bassin légèrement incliné et surtout à son
ouverture pelvienne inégalée par les autres races. Les qualités maternelles de
la vache Salers garantissent la production d’un veau lourd sevré par vache et
par an, sans complémentation et en toute tranquillité.
En ce moment au Domaine de Mont Lucelle Joan Studer possède 25 à 26 mères sans compter les veaux. Il les garde toutes car son but est d’arriver à 35 ou 40 mères. Certaines des Salers du troupeau viennent d’une ferme des Vosges, d’autres vont bientôt peut-être venir de Normandie. Il en a déjà vendu deux en Valais et va bientôt en vendre d’autres.
Pour
l’instant il a un taureau, celui-ci est tout le temps avec les vaches. Elles
n’ont pas été cyclées et il y a des naissances toute l’année. Pour la vente les
veaux sont emmenés vivants par Vianco, ils les chargent à dix mois. On retrouve
la viande dans les magasins Coop.
L’avantage de la viande de la Salers, c’est qu’elle est très persillée, juteuse et très savoureuse.
La vache Salers produit énormément de lait. Par rapport à la vache Limousine il n’est pas nécessaire de compléter les veaux avec des céréales. Ils arrivent au même accroissement que des Limousins mais sans apport de céréales. Economiquement, c’est plus intéressant. Et la vache Salers est très indépendante : elle vêle seule (pas de césarienne, pas de vétérinaire), elle élève son veau avec son lait. C’est un énorme avantage. Ici on isole la vache qui va vêler pour qu’elle soit tranquille pour faire son veau dans la paille, mais on n’a pas besoin d’être là.
Joan Studer garde ses
propres vaches Salers pour son troupeau ; il va en chercher en France quand il
doit en vendre. Actuellement il doit en fournir à un éleveur qui a aussi acheté
des limousines et qui veut comparer. Il a acheté les Limousines plus chères que
les Salers ; il ne vend pas pour faire du bénéfice mais pour promouvoir la race.
Si les éleveurs de Salers sont plus nombreux , il y a possibilité d’acheter un
taureau à plusieurs avec d’autres
éleveurs du même secteur. Ce n’est pas forcément un mauvais investissement de ne
pas gagner beaucoup d’argent sur la vente d’une bête. En règle générale la
Limousine est plus cher que la Salers.
En vache allaitante la Salers est une nouveauté en Suisse où ce qu’on trouve le plus est l’Angus, vache noire, plus petite que la Salers, avec un poil ras et aussi d’un élevage très facile.
![]()
L’association
« Suisse Salers » a été fondée en 2003 par cinq éleveurs de la race Salers venus
des cantons de Genève, Vaud, Neuchâtel et Jura ; ils ont établi les statuts, les
ont approuvés et ont formé un comité de 3 membres (Joan Studer, Max Sandoz,
Ernest Wenger). Les objectifs du club sont tout d’abord la promotion de la race
afin de faire connaître ses multiples atouts. La race est en pleine expansion :
cette année l’effectif est déjà d’une septantaine de mères, l’année prochaine,
ils espèrent dépasser les cent-vingt !
Joan Studer, Domaine de Mont Lucelle à Lucelle (JU)
Tél. : 0041 (0)32 462 24 88 – Mobile : 0041 (0)79 652 30 54
Email : joan.studer@lavache.com
© Copyright Photos et Textes Altour – CP 88 – 1951 - Sion (SUISSE) Email: boum.info@romandie.com